Deux grenoblois dans le sud

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Notre Dame de la Salette

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Le samedi 19 septembre 1846, aux environs de quinze heures, sur une montagne proche du village de La Salette-Fallavaux, deux jeunes bergers, Mélanie Mathieu ou Mélanie Calvat, âgée d'un peu moins de quinze ans, et Maximin Giraud âgé de onze ans, voient apparaître dans une lumière resplendissante une « belle dame en pleurs » qui s'adresse à eux. Le soir, ils en parlent à leurs maîtres. La veuve Pra (dite veuve Caron), maîtresse de Mélanie, se dit d'avis qu'ils ont vu la Sainte Vierge et on engage les enfants à tout raconter au curé de La Salette. Ils le font le lendemain dimanche au matin. Le curé pleure d'émotion, prend des notes et, de nouveau en larmes, parle du fait dans son prône.

 

Le dimanche soir, en présence de Mélanie mais en l'absence de Maximin, que son maître a reconduit dans sa famille à Corps, Baptiste Pra, maître de Mélanie, Pierre Selme, maître de Maximin, et un certain Jean Moussier collaborent à une mise par écrit des propos tenus par la dame aux enfants. Le document qui en résulte, et qu'on appelle « relation Pra », n'est plus connu que par une copie qu'en fit un enquêteur, l'abbé Lagier, en février 1847.

 

En résumé, la Vierge se plaint de l'impiété des chrétiens, elle prédit des châtiments épouvantables s'ils y persévèrent, et promet la clémence divine s'ils s'amendent ; elle charge les deux enfants de faire savoir ces choses à tout son peuple.

 

La tristesse et les pleurs que les enfants attribuent à la « Belle Dame » soulèvent des problèmes théologiques puisque, dans un article du journal La Croix du 14 août 1946, le R.P. Gabel souligne : «Les enfants ont vu que la Sainte Vierge avait beaucoup de chagrin ; elle a pleuré ; elle a versé d’abondantes larmes ». Or une saine théologie nous apprend que les saints au Paradis connaissent une félicité parfaite…

 

Après de nombreuses enquêtes et contre enquêtes sur les dires des enfants et en dépit de ces actes hostiles, la première pierre d'une grande église fut solennellement posée sur la montagne de la Salette, le 25 mai 1852, devant une grande assemblée de fidèles. Cette église, plus tard promue au rang de basilique, fut desservie par des religieux appelés missionnaires de Notre-Dame de la Salette, qui furent remplacés en 1891 par des prêtres diocésains après leur expulsion par des lois d’exil.

 

Notre-Dame de La Salette est située aux confins sud du département de l’Isère, au-dessus du village de Corps (RN 85 entre La Mure et Gap), à 1800 m d’altitude, tout près du Parc National des Ecrins. Il est construit autour du lieu de l’Apparition de 1846.

La Basilique et les autres bâtiments du Pèlerinage sont regroupés sur un replat entre le Mont Planeau (1804 m) et les pentes du Gargas (2207 m), du Chamoux (2198 m) et de la Croix de Rougny (2259 m).

 

Les pèlerins pourront trouver sur place, outre la basilique ou se déroulent les messes, des concerts et des animations diverses : partages, témoignages, célébrations, prières et chants, réconciliation, détente et fête. Ils peuvent aussi partager des balades spirituelles autour de Notre Dame de La Salette organisées par un chapelain du sanctuaire.

 

Le pèlerinage de Notre-Dame de la Salette a été endeuillé à trois reprises par de graves accidents routiers, en 1973, 1975 et 2007. A chaque fois, un car ramenant des pèlerins du sanctuaire a été accidenté à une cinquantaine de kilomètres du sanctuaire, lors de la descente de la dangereuse rampe de Laffrey, faisant un total de 98 morts.

 

Pour les non croyants, dont je suis, notre Dame de la Salette n’est que le point de départ de randonnées autour du sanctuaire, et un panorama exceptionnel sur les Alpes de toutes parts, sur le massif du Dévoluy, la grande tête de l’Obiou, le lac du Sautet, le plateau de Pellafol et au loin, le Mont Aiguille (massif du Vercors).

 




10/10/2015
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