Deux grenoblois dans le sud

Deux grenoblois dans le sud

GRENOBLE Les Jeux Olympiques de 1968

Les Xe jeux olympiques d'hiver ont eu lieu à Grenoble (Isère France) entre le 6 et 18 février 1968. C'est la deuxième fois que la France accueille cet évènement après les Jeux Olympiques d'hiver de 1924 de Chamonix.

 

La présidence du Comité d'Organisation des Jeux olympiques (C.O.J.O) de Grenoble est tenue par Albert Michallon, chirurgien de son état et maire de Grenoble entre 1959 et 1965. Le montant total du coût des Jeux olympiques de 1968 s'élevait à 1,1 milliard de francs de l'époque, dont la plus grande partie avait été prise en charge par l'État.

 

Le 6 janvier 1968, je n'avais pas encore 8 ans, bien trop jeune pour comprendre l'impact d'un tel événement, je garde quelques souvenirs très vagues de cette période. Je crois que le plus marquant reste la voix si particulière de Charles de Gaulle, alors président de la république qui a déclaré haut et fort à la télévision « Je proclame ouverts les Xe jeux olympiques d'hiver de Grenoble ». Je me souviens aussi du balai incessant  des avions et hélicoptères au dessus de nos têtes.

 

Sites des compétitions

 

 

Grenoble est situé au croisement de trois massifs alpins : Belledonne, Chartreuse et Vercors, en raison de sa faible altitude, 214 mètres, de nombreuses épreuves sont organisées hors de la ville de Grenoble.

 

Plusieurs sites sont retenus pour l'organisation des différentes épreuves. Ainsi, la station de Chamrousse a accueilli les épreuves de ski alpin, Autrans les épreuves de ski de fond, de biathlon, de saut à ski, petit tremplin de 70 mètres, et de combiné nordique ; Saint Nizier du Moucherotte accueille l'autre tremplin de 90 mètres de saut à ski, l'Alpe d'Huez le bobsleigh et Villard de Lans la luge.

 

La ville de Grenoble accueille, quant à elle, les épreuves de patinage artistique, de hockey sur glace au palais des Sports tandis que le patinage de vitesse se déroule sur l'anneau de vitesse jouxtant le Palais des sports dans le Parc Mistral.

 

Quant aux cérémonies de d'ouverture et de clôture, elles se déroulèrent dans un stade provisoire de 60 000 places surmonté d'un escalier monumental de 96 marches aboutissant à la vasque olympique. Ce stade était situé à l'époque à l'emplacement actuel des immeubles de la galerie de l'Arlequin, dans le sud de Grenoble. C'est le patineur Alain calmat qui embrasa la vasque olympique à 16h10.

 

Les JO de Grenoble est l'occasion d'innover, avec pour la première fois dans l'histoire des JO, des images télévisées en couleur. C'est l'ORTF qui s'occupe de la retransmettre les Jeux, qui rassemblent plus de 500 millions de téléspectateurs. Le centre de Presse et L'ORTF sont installés sur 6 000 m² dans le quartier Malherbe.

 

Autour des J.O

 

 

Grenoble lance la première mascotte de l'histoire des Jeux avec Schuss, bien que non officiel, l'idée sera reprise à par la suite pour chaque olympiade.

 

Quand en 1964, Grenoble est choisie pour accueillir les JO d'hiver de 1968, la ville semble encore fort démunie pour accueillir un tel événement... Pas d'aéroport digne de ce nom, aucune autoroute, une ligne ferroviaire Grenoble/Chambéry ralentie par de nombreux passages à niveau, peu d'hébergements... Un retard qu'il a fallu rattraper en quatre petites années seulement. Des années pendant lesquelles les Isérois ont vécu au milieu de chantiers gigantesques. Avec l'organisation de ces J.O., c'est l'occasion pour Grenoble de profiter d'un certain nombre de réaménagements tels que la construction :

 

-d'un nouvel Hôtel de ville dans le Parc Paul Mistral,

-d'un nouvel Hôtel de police,

-du conservatoire de musique,

-de la caserne des pompiers,

-d'une nouvelle gare ferroviaire,

-de 3 tours résidentielles hautes de 92 mètres (les plus hautes tours habités d'Europe en 1968).

-d'une nouvelle gare routière,

-de l'hôpital Sud,

-d'Alpexpo,

-du Palais des Sports,

-de la Maison de la culture, appelée à l'époque "le Cargo", surnommée par les grenoblois "la MACU", aujourd'hui rebaptisée MC2.

-de la patinoire Clémenceau (devenue Halle Clemenceau), fief des Brûleurs de Loups, nos hockeyeurs.

 

Le village olympique est transformé après l'évènement en un quartier de 1800 logements, le quartier Malherbe où se trouvait le centre de presse. Le déroulement des jeux, coïncide également avec l'inauguration du Musée dauphinois dans ses nouveaux locaux de l'ancien couvent Sainte-Marie-d'en-Haut.

 

Côté transports, l'Aéroport de Grenoble à Saint Etienne de Saint-Geoirs est inauguré, il remplace l'aérodrome Grenoble-Mermoz dans le sud de Grenoble. La rocade sud est créée ainsi que la voie ferrée reliant Grenoble à Chambéry, l'autopont sur le boulevard Joseph Vallier est construit (il sera démoli en 2004 pour le passage du tramway), l'autopont de la rue Albert Reynier et enfin une partie des autoroutes A48 jusqu'à Voreppe,(Grenoble - Lyon) A480 jusqu'au Rondeau et A41 jusqu'au Touvet. (Grenoble - Chambéry).

Les stations de ski environnantes vont bénéficier de nouvelles routes et surtout de pistes de ski de fond ou de descente, encore utilisées aujourd'hui.

 

Sur le plan sportif

 

Jean-Claude Killy devient un héros national en s'imposant dans les trois disciplines de ski alpin. La patineuse Américaine Peggy Fleming est la seule représentante de son pays à remporter une médaille d'or. La skieuse française Marielle Goitschel remporte le slalom et succède à sa sœur Christine au palmarès des Jeux olympiques.       

 

Une controverse dans l'épreuve féminine de luge éclate avec la disqualification des trois Allemandes de l'Est, qui ont terminé aux trois premières places de l'épreuve, pour avoir chauffé leurs patins

 

Les JO de Grenoble ont eu un impact considérable sur l'aménagement de la région grenobloise et sur le développement de la région. La physionomie de la ville a été bouleversée avec des bâtiments extrêmement modernes pour l'époque (façades vitrée, architecture moderne du moins pour l'époque, zones archi-bétonnées qui étaient légion dans les années 60…).

 

Aujourd'hui, les infrastructures subsistent, mais la seul trace visible des jeux reste la vasque olympique, installée dans le Parc Paul Mistral, rallumée lors de l'anniversaire des 10, 20, et 30 et 40 ans des jeux Olympiques… En février 2009, la ville de Grenoble a organisé une très jolie fête, pour le 40e anniversaire, et reconstitué la montée jusqu'à la vasque olympique, rallumée pour l'occasion, soirée clôturée par un feu d'artifice des plus magnifique.

 

Nous aurions aimé y être, mais trop petits, nous nous sommes rattrapés sur les Jeux Olympiques d'Albertville en 1992, très réussis aussi. 

 

 



14/12/2009
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