Deux grenoblois dans le sud

Deux grenoblois dans le sud

La Tour Perret GRENOBLE

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Tout grenoblois ou visiteur a vu, à un moment ou un autre, la Tour Perret, édifice en béton armé qui trône dans le Parc Paul Mistral, mais sans vraiment savoir à quoi elle sert, ou a servi, et surtout en se disant qu’il ne faut pas passer trop près, de peur qu’elle ne s’effondre !

La Tour Perret a été construite en 1924 par l’architecte Auguste Perret, symbole de l’exposition internationale de la houille blanche et du tourisme qui s’est tenue en 1925 à Grenoble. Elle mesure 95 mètres sur des fondations de 15 mètres, pour un diamètre de 8 mètres. Elle est la propriété de la ville de Grenoble. Aujourd'hui, la tour est le seul vestige restant de cette exposition.

 

A l’époque de sa construction, c’est un édifice moderne, avant gardiste, avec une structure de béton armé qui est un matériau nouveau dans la construction, elle permettait aux visiteurs de situer les bâtiments de l'Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme et permettait également aux touristes de repérer les montagnes alentour, avec un panorama sur les Alpes et sur la ville de Grenoble. Auguste Perret disait en parlant de cette grande dame majestueuse qu’elle était « sa tour pour regarder les montagnes »…

 

Inaugurée le 6 septembre 1925, par le président du conseil Paul Painlevé, Édouard Herriot et André Hesse, elle a couté 385 000 francs de l’époque (soit environ 130 000 euros de 2015). Durant l'exposition, du 21 mai au 25 octobre 1925, un projecteur a été installé au sommet pour éclairer les bâtiments, elle a reçu plus de 2 000 visiteurs qui empruntent les ascenseurs qui desservent la plateforme d'orientation située à 60 m et plus d'un million de personnes ont visité l’exposition internationale de Grenoble (85000 habitants en 1925) ce qui est un véritable succès.

 

En 1929, une antenne de TSF a été installée au sommet de la tour afin de retransmettre les émissions de radio de "Alpes-Grenoble".

Depuis sa création et jusqu’en 1960, la tour n’a jamais réellement été entretenue et son état de dégradation impose la fermeture au public cette année-là.

 

En 1980, Kenneth Frampton, célèbre critique d’architecture, écrit dans L’architecture moderne, une histoire critique : « d’autres édifices, comme la tour d’orientation de Grenoble (1924-1925) (…), dont les bétons se sont désagrégés, est dans un état de délabrement critique ».

 

En 1988, elle est classée au titre des monuments historiques.

 

Actuellement, le sommet de la tour est illuminé en hiver et reste utilisé comme support pour les feux d'artifices du 14 juillet. En 2005, l'étude préalable d'Alain Tillier, architecte en chef des monuments historiques estime le coût de la restauration à 4,6 millions d'euros, mais personne n’entreprend de travaux. En 2012, une autre étude estime la restauration intérieure et extérieure à 6 millions d'euros. Dans ces études, la restauration comprend également la réouverture de la tour au public avec des mises aux normes de sécurité.

 

En 2012, Cédric Avenier, chercheur à l'école nationale supérieure d'architecture de Grenoble, écrit un livre "L'ordre du béton. La tour Perret de Grenoble", édité en mai 2013.

Le 12 septembre 2013, la pétition "Sauvons la tour Perret de Grenoble" est lancée, elle recueille plus de 500 signatures dès la première semaine et est relayée par plusieurs journaux locaux.

Le 6 février 2014, l'association "Ensemble pour la Tour Perret" est créée pour promouvoir la sauvegarde et la restauration de la tour Perret, pour diffuser le plus largement possible son histoire, son intérêt patrimonial et pour veiller et contribuer à sa mise en valeur.

Lors des élections municipales de mars 2014, plusieurs partis se sont engagés en faveur de la restauration : la liste "Croire en Grenoble", la liste "Imagine Grenoble", la liste "Aimer Grenoble pour vous" et la liste "Grenoble une ville pour tous".

Matthieu Chamussy, conseiller municipal UMP, s’exprimait ainsi en parlant de l’équipe DESTOT : «cette municipalité n’est pas intéressée par le patrimoine architectural de Grenoble. Cela fait dix-huit ans qu’elle est au pouvoir et rien n’est fait ! Il y a une distorsion énorme entre l’usage de la tour comme argument promotionnel de la ville et son état d’abandon. En 2008, il y a même eu une opportunité manquée : un cimentier a proposé une opération de mécénat… La tour ne sert plus qu’à lancer le feu d’artifice du 14 juillet. C’est une véritable friche culturelle, alors qu’au-delà du patrimoine, ce pourrait être un bras de levier économique et touristique. »

 

La ville de Grenoble semble pourtant très attachée à ce monument puisque son image figure dans de nombreux dépliants ou prospectus émanant de la mairie. Que feront les écologistes, locataires de la Mairie depuis mars 2014, pour sauver la Tour Perret puisque sa restauration fait partie de leurs ambitions ?

 


 

 



19/04/2015
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