Deux grenoblois dans le sud

Deux grenoblois dans le sud

Le chemin de fer de La Mure

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Le chemin de fer de La Mure, autrement appelé  « petit train de La Mure », est un chemin de fer à voie étroite, devenu depuis 1997 une ligne purement touristique, qui relie Saint-Georges-de-Commiers à La Mure, dans le département de l'Isère.

 

C'est en 1880 que fut prise la décision de relier par voie ferrée le bassin minier de La Mure à l'agglomération grenobloise, son principal client, à l'époque de la traction vapeur.  Déclarée d'utilité publique le 27 mars 1881, la construction a couté la somme de 12 millions de francs de l’époque, et a duré 6 ans. La ligne ferroviaire a été inaugurée le 24 juillet 1888, ouverte officiellement le 1er août 1888, exploitée par Fives-Lille en traction vapeur, puis à partir de 1892 par le service des Ponts et Chaussées de l'Isère.

 

En 1888, un embranchement, à partir de la gare de La Motte-d'Aveillans et jusqu'à Notre-Dame-de-Vaulx, a été réalisé pour desservir les mines. Un prolongement de cet embranchement vers Laffrey, avait été discuté mais le projet n’a jamais vu le jour.

 

D’une longueur de 30 kilomètres, la ligne comporte 142 ouvrages d'art, dont 6 grands viaducs et 18 tunnels. Elle est électrifiée en 1906. L’ingénieur René Thury, a d’abord fait électrifier 6 kilomètres de ligne en courant continu 2 400 volts à partir de l'usine hydroélectrique d'Avignonet sur le Drac , c’est une première mondiale et devant des essais concluants, la ligne est entièrement électrifiée en novembre 1912.

L'embranchement de Notre-Dame-de-Vaulx, qui lui n’a jamais été électrifié, a été fermé le 12 mai 1936 et le déclassement est intervenu le 15 février 1952.

 

Cette ligne a beaucoup de succès à l’époque, et un prolongement vers le sud est à l’ordre du jour : en 1904, le principe d'un prolongement vers Corps et Valbonnais est officiellement acquis. La ligne La Mure - Gap a été déclarée d'utilité publique le 27 mai 1906 mais la construction se heurte cependant à des difficultés importantes et est finalement abandonnée, la ligne est déclassée le 30 novembre 1941 et elle n’atteindra jamais Gap.

 

Le chemin de fer assure une desserte voyageurs de la ligne mais aussi un important transport de marchandises, notamment l'anthracite des mines du plateau matheysin et du matériel divers. À l'été 1935, 3 aller-retour quotidiens sont assurés entre Saint-Georges-de-Commiers et Corps, et un quatrième entre Saint-Georges et la Mure mais la concurrence de la route a fini par être fatale au trafic voyageurs, qui est arrêté en 1950. Elle est abandonnée en 1952 entre La Mure et Corps.

 

Le développement des énergies pétrolières a également été fatal à l'exploitation intensive de l'anthracite et à son transport en masse. La société arrête le transport du charbon le 18 octobre 1988. Le dernier puits des Houillères du Bassin du Dauphiné  est définitivement  fermé en 1997, après de longues luttes des mineurs qui étaient contre la fermeture de cette mine exceptionnellement riche (95 % d’anthracite). En 1978, une société privée a repris l'exploitation voyageurs de la ligne à des fins touristiques. Le trafic du charbon a néanmoins continué jusqu'en 1988. Et c'est en 1997 que fut rendue effective la transformation de la ligne en chemin de fer touristique.

 

Aujourd’hui, c'est, avec 80 000 voyageurs par an en moyenne, l'une des principales destinations touristiques du département de l'Isère. La gare inférieure, en bas du village de Saint-Georges-de-Commiers, à l'altitude de 316 mètres, est commune avec la gare SNCF sur la ligne Grenoble - Gap. Les voies du SG-LM (Saint-Georges – La Mure) sont parallèles à la voie unique SNCF, sans raccordement ni quai de transfert.

 

La longueur de la ligne est de 30 kilomètres, pour une distance à vol d'oiseau de 16 kilomètres entre les deux gares terminus. Elle comporte 18 tunnels, dont 7 dépassent 250 mètres. Tous sont en déclivité de 22,5 à 27,5 ‰. La ligne comporte 9 ponts ou viaducs de plus de 30 mètres de long qui sont construits en maçonnerie.

 

Caractéristiques techniques :

Longueur 67 km

Écartement Voie métrique : 1 mètre.

Électrification 2 400 V cc

Pente ou rampe maximale 28 5 ‰

1 voie unique

Le département de l'Isère en est propriétaire.

 


 

Ci dessous un film "Le circuit du petit train comme si vous y étiez"... si vous passez par la, ça vaut le détour, rien que pour les paysages traversés, les viaducs, les petits villages du pays minier qu'est la Matheysine, toute l'histoire de ce plateau est symbolisé par ce petit train très ancien, aujourd'hui réservé aux touristes, mais qui par le passé a joué un rôle prépondérant pour le développement de la Matheysine et de Grenoble et sa région... un peu de culture n'a jamais fait de mal, lol ! bonne balade...

 

NB La Matheysine est une région naturelle du sud de l'Isère présentant un relief de type plateau et entouré de montagnes. Cette région, dont la localité principale est La Mure, est délimitée à l'est par la vallée de la Roizonne (Rattier), au sud par la vallée de la Bonne (Valbonnais), à l'ouest par la vallée du Drac, et enfin au nord par la vallée de la Romanche. Le sous-sol du plateau matheysin a longtemps fourni un excellent anthracite qui a fait la fortune de la ville de La Mure.

 



24/06/2015
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