Deux grenoblois dans le sud

Deux grenoblois dans le sud

La filière BIO, une jungle ou l'arnaque sévit...

Comment s'y retrouver dans la jungle 

et des labels de la filière BIO ?


Le label Agriculture Biologique : (produits alimentaires : Le label Agriculture Biologique, (AB), est un label de qualité français qui permet d'identifier les denrées alimentaires issues de l'agriculture biologique.  Propriété du ministère français de l'agriculture, la marque AB est définie par celui-ci et promue par l'Agence bio. L'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique (Agence bio : groupement d'intérêt public français créé le 15 octobre 2001 par les ministres chargés de l'agriculture Jean Glavany et de l'écologie Yves Cochet. Elle est actuellement basée à Montreuil-sous-Bois dans le département de Seine-Saint-Denis.) Depuis le 1er janvier 2009 ses critères sont alignés sur le label bio européen, moins contraignant que le label AB initial, autorisant notamment la présence d'OGM et l'utilisation de pesticides.

 

Plusieurs organismes certificateurs ont l'autorisation de délivrer la certification : Aclave, Agrocert, Ecocert SA, Qualité France SA, Ulase, SGS ICS…

D'après l'Agence bio, ce label garantit :

* le respect du règlement (CEE) n°2092/91 pour la production végétale ou les produits transformés composés essentiellement d'ingrédients d'origine végétale ;

* le respect du règlement (CEE) n°2092/91 et du cahier des charges français pour les productions animales et les produits d'origine animale ;

* que l'aliment est composé d'au moins 95 % d'ingrédients issus du mode de production biologique (le cas échéant, les ingrédients du pourcentage complémentaire satisfont aux exigences de l'article 28 ou 29 du règlement CE 889/2008 : NDLR : j'ai lu et relu les règlements européens, c'est totalement incompréhensible pour le consommateur lambda… trop complexe !!!) ;

* que le produit ait été contrôlé par un organisme certificateur agréé par les pouvoirs publics français répondant à des critères d'indépendance, d'impartialité, de compétence et d'efficacité tels que définis par la norme européenne EN 45011. (La norme EN 45011 définit les exigences générales relatives aux organismes procédant à la certification de produits. Il s'agit d'une norme d'accréditation. NDLR : j'ai aussi lu et relu la norme EN 45011, même charabia incompréhensible … très complexe !!!))

 

Un nouveau label bio plus exigeant : Le label bio communautaire est entré en vigueur cette année dans toute l'Union Européenne. Il présente l'avantage d'harmoniser les pratiques dans les pays européens, mais est moins contraignant que la marque française AB.

 

Vous avez vu apparaître en 2011 dans notre pays un nouveau label bio encore plus exigeant sur les étiquettes des produits proposés. Il est repérable par sa pastille verte, et vient d'être créé sous le nom de «Bio Cohérence» pour renforcer les exigences et le cahier des charges des produits agroalimentaires en matière biologique. L'association Alternative Bio est à l'origine de ce label privé. Elle fédère d'importants acteurs du secteur, tant du côté des producteurs avec la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique et le réseau des éleveurs Bio de France, que du côté de la distribution avec notamment les coopératives biologiques Biocoop et les magasins indépendants Biomonde. Les ingrédients des produits ainsi labellisés seront garantis bio à 100% (garantis à 95% avec la marque AB). Bio Cohérence interdit également en totalité l'emploi d'OGM (autorisation limitée à 0,9% avec la marque AB). En sus et c'est très important pour les produits d'élevage, la chaîne alimentaire est prise en compte dès l'amont puisqu'il certifiera que la nourriture des animaux concernés ne contiendra pas non plus d'OGM. Grâce à ce nouveau label plus exigeant, les consommateurs seront mieux informés sur la véritable nature biologique des produits qui leur sont proposés.

 

Tous les produits issus de l'agriculture biologique étiquetés depuis le 1er juillet 2010 portent le nouveau logo européen : une feuille étoilée sur fond vert. Ce nouveau signe ne se substitue pas à notre logo national AB, bien connu, et que les producteurs bio devraient continuer d'apposer sur leurs produits à côté du dernier venu.

 

Les écolabels : produits non alimentaires (lessives, peintures, détergents, hôtels, camping...),

En France, deux écolabels sont délivrés par AFNOR Certification (un organisme indépendant)

• L'ECOLABEL EUROPEEN pour le marché de l'Union Européenne.

• L'ECOLABEL FRANCAIS (NF Environnement) spécifique au marché français

 

Créé en 1992, l'Eco-label européen est le seul label écologique officiel européen utilisable dans tous les pays membres de l'Union Européenne. Il est délivré, en France, par AFNOR Certification, organisme certificateur indépendant. C'est une marque volontaire de certification de produits et services. Ce label écologique communautaire repose sur le principe d'une "approche globale" qui "prend en considération le cycle de vie du produit à partir de l'extraction des matières premières, la fabrication, la distribution, et l'utilisation jusqu'à son recyclage ou son l'élimination après usage". La qualité et l'usage sont également pris en compte. Il a été institué par le règlement (CEE) N° 880/92 du Conseil du 23 mars 1992, publié dans le JOCE du 11 avril 1992. Le règlement communautaire en vigueur aujourd'hui est le règlement (CE) N°66/2010 du 25 novembre 2009. Il est applicable depuis le 20 février 2010. Il concerne les produits et les services.

 

La marque NF Environnement : Créée en 1991, la marque NF Environnement est l'écolabel français, délivré par AFNOR Certification, organisme certificateur indépendant. C'est une marque volontaire de certification de produits et services. Elle a pour objet d'attester la conformité des produits ou services aux exigences définies dans des cahiers des charges (ou référentiels) et qui portent sur la qualité d'usage et la qualité environnementale des produits. La marque NF Environnement est destinée à certifier, tout au long de leur cycle de vie, que les produits ou services sur lesquels elle est apposée présentent un impact négatif moindre sur l'environnement et une qualité d'usage satisfaisante par rapport à d'autres produits ou services analogues présents sur le marché. Elle est régie par un document de référence, les règles générales de la marque NF Environnement révisées le 3 février 2011.

 

Il existe aujourd'hui 50 catégories de produits ou services susceptibles d'être écolabellisés, 384 entreprises certifiées (308 pour les écolabels européens et 76 pour la marque NF Environnement). Ameublement, Appareils électrique, Bricolage, Bureautique, Habillement, linge de lit et textiles d'intérieur, Jardinage, Lubrifiant, Papeterie / Papier, Produits d'entretien, Produits d'hygiène, Produits à usage professionnel, Service, Vie domestique.

 

Les autres signes de reconnaissance de la filière BIO


Le consommateur trouve d'autres signes sur les denrées bio : Nature & Progrès, Bio Equitable, Equitable Ecocert ou encore Demeter… Autant de marques qui désignent une démarche initiée par des organismes privés.


ECOCERT : Ecocert est un organisme de contrôle et de certification : ce n'est donc pas un label en soi mais l'entreprise qui donne le droit d'afficher tel ou tel label. C'est donc Ecocert qui contrôle de nombreux produits et producteurs en suivant scrupuleusement le cahier des charges de chaque norme.

 

DEMETER : L'association Demeter France prône elle en faveur de l'agriculture biologique. Ce sont donc des aliments qui peuvent posséder ce label qui nécessite, pour être affiché, un cahier des charges bien rempli. En effet vous pouvez trouver sur leur site 4 cahiers des charges propres à chaque phase de l'élaboration d'un produit : production, transformation, vinification et enfin identification. Ce label intègre non seulement des normes sur l'origine des produits mais ne s'arrête pas là : critère socio-économiques, humains et éthiques sont aussi pris en compte. On s'attache à un respect des cultures locales où les produits sont produits, à un respect des animaux pour les élevages...

En résumé un label existant depuis 1932 qui est très sûr, présent dans plus de 50 pays dans le monde qui témoigne d'une alimentation "saine et vivifiante pour le consommateur".


LES ASSOCIATIONS OU AUTRES ORGANISMES :


Max Havelaar : Max Havelaar n'est pas seulement une marque prônant le commerce équitable mais c'est aussi un label. Ce label prend principalement des critères éthiques en compte :

* Revenu décent pour les producteurs

* Amélioration des conditions de travail

* Amélioration des conditions de vie

* Garantie de l'origine équitable des produits

* Garantie sur la qualité des produits

Fairtrade / Max Havelaar est un label international qui regroupe des ONG et des représentants de producteurs. Son but : utiliser le commerce pour donner à des paysans et employés les moyens de lutter eux-mêmes contre la pauvreté.

Pour changer la donne, le réseau international Fairtrade a lancé un défi : construire, à son échelle, un commerce international plus équitable. Créé à l'appel de producteurs mexicains, il est aujourd'hui cogéré par des producteurs du Sud et des ONG du Nord.

 

En France, l'association à but non lucratif : Max Havelaar France se charge de développer cette nouvelle forme de consommation. Elle gère un label apposé sur des produits de différentes marques. Elle n'achète ni ne vend aucun produit, mais convainc les acteurs économiques et sensibilise l'opinion.

 

Autres types de label : Marquage volontaire faisant l'objet d'un contrôle indépendant :

 

CosméBio est une association professionnelle de cosmétique écologique et biologique qui regroupe aussi bien les fournisseurs, les fabricants, les laboratoires et les distributeurs à condition que ceux-ci s'engagent pour une cosmétique naturelle et biologique. Pour en faire partie, il faut avoir été contrôlé par un organisme certifié qui aura vérifié que l'entreprise répond à de nombreux critères. Il existe deux logos différents :

 

Cosmétique Eco : Les critères pour faire partie du programme sont les suivants pour le logo Eco :

* Minimum 95% d'ingrédients naturels ou d'origine naturelle

* Ingrédients issus de l'agriculture biologique : Minimum 5% du total des ingrédients

* Ingrédients issus de l'agriculture biologique : Minimum 50% des ingrédients certifiables

* Maximum 5% d'ingrédients de synthèse

* Interdiction d'effectuer des tests sur les animaux

* Respect de l'environnement pour le conditionnement, le nettoyage, la transformation et l'obtention des matières premières des produits.

* Recyclage des emballages

 

Cosmétique Bio : Les critères pour faire partie du programme sont les suivants pour le logo Bio :

* Minimum 95% d'ingrédients naturels ou d'origine naturelle

* Ingrédients issus de l'agriculture biologique : Minimum 10% du total des ingrédients

* Ingrédients issus de l'agriculture biologique : Minimum 95% des ingrédients certifiables

* Maximum 5% d'ingrédients de synthèse

* Interdiction d'effectuer des tests sur les animaux

* Respect de l'environnement pour le conditionnement, le nettoyage, la transformation et l'obtention des matières premières des produits.

* Recyclage des emballages

Enfin la société doit s'engager dans le développement durable et le commerce équitable.

 

Il existe de très nombreux logos plus ou moins connus, plus ou moins officiels, je n'ai détaillé ici que les plus courants et les plus utilisés.


La Bio : Nouvel eldorado de la grande distribution


Ces labels ne sont que des labels MARKETING… ils sont tous verts ??? la couleur de l'écologie mais ne reflètent en rien des produits bio... : CARREFOUR  LECLERC  AUCHAN CASINO MONOPRIX  en sont friands...

 

Le bio séduit de plus en plus de consommateurs de manière occasionnelle ou régulière, notamment parmi les plus de 50 ans. Est ce pas parfois une arnaque ? il existe bel et bien une arnaque au bio, et elle est très bien organisée. D'une part, on constate une véritable fraude : des produits cultivés de façon classique sont illégalement labellisés bio et vendus plus cher. Et les pouvoirs publics ont du mal à les détecter.  D'autre part, face à la forte demande en bio, et devant une production insuffisante en France, on assiste à une importation importante de produits bio. Or la réglementation de ce type de production à l'étranger n'obéit pas nécessairement aux mêmes normes que la nôtre, ce qui permet de labelliser bio des produits qui ne le sont pas toujours. Un autre phénomène est l'incorporation du mot « bio » dans la dénomination commerciale d'un produit, sans qu'il réponde forcément aux critères bio !

 

La bio à bas prix prônée par la grande distribution est obtenue par :

- des méthodes d'approvisionnement peu regardantes : recours massif aux importations afin de bénéficier de prix plus compétitifs aux détriments des producteurs français (Ex : Pommes Bio d'Argentine, Lait bio provenant des pays de l'Est, Sauce Tomate bio de Chine...) Sachant que les contrôles dans les pays hors UE sont assez opaques et ne garantissent donc pas le même niveau de qualité.

- une pression sur les prix : les centrales d'achats utilisent toujours des mêmes pratiques commerciales peu éthiques pour tirer les prix vers le bas, et contribuent ainsi à fragiliser la filière bio.

- une qualité de produit médiocre : des recettes moins qualitatives, souvent plus grasses,  plus sucrées.. avec une diminution des ingrédients nobles.

- une dimension environnementale occultée : des produits cultivables en France mais qui sont importés de très loin et  de nombreux suremballages (ex : Barquette de kiwi de nouvelle zélande).

 

La stratégie adoptée par les grandes enseignes peut se résumer de la manière suivante :

- Des informations floues sur les modes de fabrication et la provenance exacte des produits.

- Une diminution du poids des conditionnements afin d'obtenir des prix à l'achat moins élevés.

-Une communication axée sur un seul argument :  le prix, avec une mise en avant de quelques produits d'appels dans les catalogues promotionnels afin de créer l'illusion d'une bio moins chère mais qui ne reflète pas la réalité des prix (très élevés) pratiqués sur la grande majorité des produits…

 

CONCLUSION


J'ai lu et relu tous les textes officiels parus au JO et les textes de l'Union européenne qui réglementent le BIO, c'est extrêmement compliqué de comprendre un article, à priori explicite, qui renvoie à autant de décrets complémentaires qui le modifient ou le complètent, qui eux mêmes sont remplacés depuis ou complétés par d'autres décrets ….  Un puits sans fond… ! la réglementation officielle est difficilement compréhensible pour les consommateurs que nous sommes, et je reste persuadée que les producteurs dits BIO sont eux mêmes incapables de vous expliquer cette réglementation, en dehors des textes basiques qui leur permettent d'être (ou de paraître) « dans les normes »…...

 

Mon avis, c'est qu'il paraît difficile de faire une confiance aveugle à tous ces organismes qui se complètent, pour certifier et décider, et je pense que la filière BIO est une gigantesque jungle où, comme pour le reste, il y a ceux qui respectent et ceux qui font ce qu'ils veulent, les contrôles étant insuffisants et pour certains inexistants…

 

Alors les consommateurs que nous sommes doivent s'informer, bien lire les étiquettes sans toutefois leur faire une confiance aveugle, préférer les filières bio locales où il est tout à fait possible de discuter et échanger avec les producteurs, pour essayer de consommer intelligemment, sans à coup sur se faire arnaquer tant au niveau de la qualité, que du prix des produits achetés.

 

Pour ma part, j'ai travaillé quelques temps dans un cabinet comptable qui gérait la comptabilité d'un petit producteur bio, je suis restée assez surprise de voir que ce producteur bio utilisait systématiquement le recours aux dérogations possibles (de l'Europe) pour utiliser des produits autres que ceux utilisables dans la filière BIO. La loi le permet, pourquoi ne pas en profiter ! mais au final, en achetant un de ses produits vendus comme bio, à un prix tout aussi « bio », les consommateurs que nous sommes sont absolument incapables de savoir comment ce produit a été réellement élaboré… Dans le doute, s'abstenir… J'en reviens toujours aux mêmes propos : cultiver soi même son petit potager quand celà est possible, acheter local, boycotter la grande distribution et les produits en provenance de pays peu fiables (Chine etc...).

 

Mes sources : ETIKEO éthique et bio, mes courses pour la planète, Le Figaro économie, Que choisir, 60 millions de consommateurs, consommer autrement, impots.gouv, le Journal Officiel… et moi même...liste non exhaustive...



07/10/2017
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