Deux grenoblois dans le sud

Deux grenoblois dans le sud

le 50e anniversaire des Jeux Olympiques de GRENOBLE : tout n'est pas si rose...

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"Je proclame l'ouverture des Xièmes Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble"...  Il est 15 h 39 ce 6 février 1968 quand le président DE GAULLE prononce ces mots et 500 millions de téléspectateurs regardent pour la première fois les Jeux en couleur.

 

Après, plus rien ne sera comme avant.

 

En 1968, les Jeux olympiques d’hiver de Grenoble marquèrent l’apogée de la France gaullienne et consacrèrent ce que l’on appelait alors le « miracle grenoblois ». Mais comme pour les villes olympiques précédentes, et futures, on dut vite déchanter. Les Grenoblois allaient mettre vingt-sept ans à éponger la note des Jeux. Le déficit des jeux de 1968 s’est élevé à 80 millions de francs et a été pris en charge par l’État. Les recettes du comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) grenoblois de 1968 ont été très pauvres, 36 millions de francs, au regard de son budget, 122 millions de francs et la ville a dû rembourser jusqu’en 1995 des emprunts s’élevant à plus de 200 millions de francs…

 

Cette mésaventure grenobloise n’est pas un cas unique :

Albertville 1992 : déficit de 285 millions de francs (43,5 millions d’euros).

Salt Lake City 2002 : perte de 168 millions de dollars (160 millions d’euros).

Turin 2006 : perte de 29 millions d’euros

Vancouver 2010 : perte de  37 millions de dollars (28 millions d’euros).

 

En 1964, débute un chantier de quatre ans, un incroyable coup d’accélérateur à l’urbanisation de la ville. Car Grenoble ne construit pas qu’un stade et un village olympique... Elle se dote aussi d’un nouvel hôtel de ville, d’un nouvel hôpital, d’un hôtel de police, d’une nouvelle caserne de pompiers, d’une maison de la culture, d’un palais des expositions (palais des Sports), d’une nouvelle gare routière, d'une nouvelle gare ferroviaire, d’un nouvel aéroport, d’une nouvelle autoroute qui la relie à Lyon, et de plusieurs axes routiers, sans compter l'accès aux stations de sports d'hiver et autres infrastructures, encore. L’état prend en charge les trois quarts d’un investissement global de 1,1 milliard de francs.

 

 

"Grâce aux Jeux, Grenoble a pris trente ans d’avance sur les villes de même catégorie", (dixit Bernard Loucel, secrétaire général du Conservatoire Observatoire Laboratoire des Jeux olympiques de Grenoble, association qui s’est donné pour mission d’entretenir voire de ranimer la flamme olympique chez les Grenoblois…). Mais l’engouement de 1968 a fait place au scepticisme, voire à une opposition farouche d’une partie de la population. Il faut dire que l’héritage des Jeux de Grenoble n’est pas si rose. Certes, le village olympique a pu être reconverti en un quartier de logements sociaux qui a profité au sud de l’agglomération ; certes, la ville fête l’anniversaire des Jeux tous les dix ans ; mais ceux-ci ont coûté cher aux habitants et certains sites sont devenus des ruines.

 

L’exemple le plus emblématique est le tremplin de 90 m construit à Saint-Nizier-du-Moucherotte, à 18 km de Grenoble, pour l’épreuve de saut à ski. "Il ne devient rien, mon petit monsieur", répond Franck Girard-Carrabin, le maire de la commune, quand on lui demande ce qu’est devenu le célèbre ouvrage. A l’époque, pourtant, c’était un joyau à l’architecture originale et légère qui conférait à la piste d’élan la forme d’un plongeoir géant. Et les sauteurs, effectivement, donnaient l’impression de plonger vers Grenoble, plus bas dans la vallée. Aujourd’hui, le tremplin et ses constructions annexes (tribune de presse, panneau d’affichage...) forment un ensemble de ruines modernes. "Après les Jeux olympiques, se rappelle le maire, le tremplin a continué à servir pour des entraînements et des compétitions". Jusqu’en 1989. Délaissé, le site devient un terrain de jeu pour le motocross puis le VTT et aujourd’hui, le tremplin et ses 2 ha de site olympique sont classés zone dangereuse. Leur accès est interdit par la mairie. La piste de bobsleigh, construite à l’Alpe d’Huez en 1967 a finalement elle aussi été abandonnée après les Jeux.

 

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Qu’ils soient d’hiver ou d’été, les Jeux olympiques sont un gouffre financier. Devenus des cimetières de béton et de bois, les sites témoins des exploits de 1968 à GRENOBLE et de tous les autres JO obligent à se poser aujourd’hui la question : organiser des JO, est-ce bien raisonnable ?

 

Extraits d’un article écrit par Olivier Delahaye

Journaliste

 

 

 

 

Reste la fierté d'avoir eu de grands champions français... !

 



12/02/2018
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